J'avance dans l'hiver à force de printemps.

Charles Joseph de Ligne 

 
Vendredi 1 juillet 2005

Photo prise au col du bonhomme

(2412 m)

 

DECOUVRIR LE BOUQUETIN

 

Sur la commune de Saint Martin la Porte nous avons la chance d’avoir une belle harde de bouquetins.

Ils passent la belle saison sur les pelouses alpines, et redescendent vers la vallée en hiver pour se nourrir.

Pour la petite histoire, ils ont adoptés les abords du parc à mouton de mon oncle, c’est pourquoi je les connais si bien.

Le bouquetin des Alpes est une espèce archaïque apparue lors de la troisième glaciation il y a 14 millions d’années.

Sa nature robuste en fait un animal parfaitement adapté aux rigueurs des hautes montagnes.

Doté de peu de réflexes, il est lent à déceler et à évaluer un danger et attend les évènements en regardant passivement. Il compense son indolence naturelle par la précision de ses gestes secs, calculés à l’économie et toujours opportuns.

Ses prouesses d’alpiniste coupent le souffle. Son domaine est le rocher.

Il vit à la limite ultime de la vie parmi les pelouses rocailleuses, éboulis, alpages où il se nourrit en avalant jusqu’à 20 kilos d’herbe par jour.

Le bouquetin est naturellement prémuni contre le vertige, il aime la chaleur, le soleil, et se prélasse des journées entières sur les terrasses herbeuses bien exposées.

Rappelons que St Martin la porte se trouve sur le versant adret (ou l’endroit comme vous préférez) et donc très ensoleillé.

En revanche un vent violent, une pluie trop forte le force à s’abriter sous un rocher, bien au sec, pour attendre la fin de intempérie. Il semble disposer d’un sixième sens qui lui permet de déceler un orage avant qu’il n’éclate.

Les bouquetins boivent très rarement, en revanche le sel leur est indispensable et ils vont le lécher à toute heure aux salines naturelles.

Un seul ennemi naturel pour lui : l’aigle royal qui enlève parfois un jeune cabri.

Le bouquetin est sujet aux risques d’épidémie transmise au contact d’animaux domestiques. Car il se mêle parfois aux moutons.

Un autre péril pour la race est l’hybridation (le croisement) avec les chèvres qui donne un descendant fécond.

Toujours pour la petite histoire, une chèvre de mon oncle a ainsi passé un an avec la harde. Il a fallu l’abattre pour éviter tout risque.

Enfin, et je m’en arrêterais là, ses immenses cornes lui confèrent un air de souveraineté indéniable. Pesant jusqu’à 15 kilos, elles sont supportés par des muscles puissants qui font une bosse bien visible sur la nuque. Leur croissance se fait en été et s’arrête en hiver. On peut donc lire l’âge d’un bouquetin au nombre des cernes de son encornure.

Les femelles ne sont dotées que de cornes très courtes ne dépassant pas 25 centimètres, alors que le record pour les mâles est de l’ordre du mètre.

Un bouquetin mâle adulte pèse entre 70 et 120 kilos, une femelle 50 kilos.

Leur longévité moyenne est de 20 ans.

 

 


 

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